Marine Turchi couvre la droite à Mediapart.
C'est à ce titre qu'elle suivait, mardi 1er mai, le meeting de Nicolas Sarkozy à Paris, place du Trocadéro. Repérée à cause de son badge professionnel qui la désignait comme journaliste à Mediapart, elle a été agressée physiquement par des militants présents, sans qu'aucun autre ne la protège. Mediapart s'associe à la plainte déposée par Marine et espère que le parquet de Paris mettra autant de diligence dans cette affaire que dans d'autres, aussi récentes.
Les faits parlent d'eux-mêmes et sont racontés, avec précision, dans la plainte pour "violences volontaires légères" déposée par Marine Turchi au commissariat du XVIe arrondissement de Paris (lire son intégralité à la fin de ce billet). Vers 13 h 30, alors que le meeting n'avait pas commencé, elle a été repérée comme journaliste de Mediapart à cause de son badge officiel (ci-contre celui de sa consœur Ellen Salvi qui couvrait aussi le rassemblement du Trocadéro).
C'est alors que Marine a été insultée, bousculée et malmenée, à deux reprises, par des groupes de plusieurs individus, dont l'un lui a brutalement arraché son badge, en tirant le cordon qui le tenait autour du cou. Aucun des sympathisants présents n'a pris sa défense ou ne l'a protégée. Ces faits peuvent paraître à certains sans gravité, bien qu'ils soient toujours une épreuve traumatisante, pour quiconque.
Mais, s'agissant d'une journaliste et du titre qu'elle représente, ils sont d'une gravité autrement symbolique, relevant d'une attaque à la liberté fondamentale, celle de la presse. Ils disent en effet un contexte, et il est inquiétant pour la démocratie: un climat de violence inhabituel dans les rassemblements de l'ex-droite républicaine, une agressivité inédite à l'égard des journalistes des médias indépendants du pouvoir, une hystérie jamais vue qui libère des pulsions hier réservées à l'extrême droite. Il faut croire que la droite extrême de Nicolas Sarkozy n'aime pas plus la liberté que l'extrême droite qu'elle copie désormais et qui, d'ailleurs, a récemment décidé d'interdire à Marine,... (lire la suite sur Mediapart)
